• ANAMORPHOSE

    Par Kali Youssef, Nguyen Dang-Vuong David, 18/12/19

    La base de travail pour 250 étudiants Y1 ALICE (workshop SCAFFOLDING) est un socle de 36 mètres de long composé des plâtres produits lors des deux phases précédentes, sur lequel une protostructure en bois est ancrée.

    Pour commencer notre travail, nous nous sommes intéressés à cette situation particulière identifiée dans la topographie fictionnelle :


     Image Wed Dec 18 2019 17:29:34 GMT+0100 (CET)


    Il s'agit d'une situation particulière issue du travail de Léo et Michael du studio BONDU. Ils ont coulé leur plâtre dans un moule en sable de 27,5 cm sur 8 cm. Ils y ont intégré une plante, cela a donné un cercle de 5 cm de diamètre. L’ensemble du moule a ensuite été recouvert d’une couche de sable qui en se mélangeant, s'est incrustée dans le plâtre.


    Nous avons choisi cette situation pour la texture particulière présentée par le sol et pour la forme circulaire que nous souhaitions exploiter. Nous souhaitions en effet travailler sur une projection de ce cercle dans l’espace. Il s'agissait de proposer une expérience à l’échelle humaine : un humain se plaçant au centre du cercle inscrit sur le sol et regardant en direction des lignes de projections, observerait par anamorphose une projection du cercle dans l'espace.

    Nous sommes passés par différentes étapes : 

    Dans un premier temps, nous avons élevé de 70 cm sur la maquette (soit 7 m) une des limites présente sur le moule de plâtre (création d'un mur). Cette nouvelle condition verticale nous a permis d'encastrer des cercles de tailles variées. 


       Image Fri Dec 20 2019 17:41:01 GMT+0100 (CET)                                               


    Toutefois cette première itération manquait de précision dans la lecture du contexte existant, de cohérence et elle ne prenait pas suffisamment en compte l’échelle humaine.

    Une ligne de projection oblique fut ajoutée. Elle prenait comme origine le centre du cercle et son inclinaison était déterminée par sa relation à un élément de la protostructure. Cela nous a permis d’avoir un angle de 80 degrés comme base de travail. Les éléments projetés ne sont plus des cercles mais des quarts de cercle dont les rayons sont croissants (agrandissement progressif des arcs dans le but de crée une anamorphose).

           

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    En considérant le mur et la ligne de projection symbolisée par le mât, on note une incohérence. Une trop grande complexité de techniques, une démultiplication des plans, une perte de notre volonté première. Nous avons décidé de recentrer notre travail autour des éléments obliques (3 mâts positionnés à 80 degrés). Ces nouvelles lignes de projection partent de la ligne de périmètre du cercle (3 point équidistants) et viennent rencontrer la protostructure.


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    Un homme se positionnant au centre du cercle et regardant en l’air percevrait, par un effet de superposition, un autre cercle fragmenté, miroir de celui mesuré au sol. 

    Cette itération soulevait toutefois un autre problème : celui de la solidité et de l’ancrage à la protostructure. Cette proposition niait en effet tout dialogue mutuel entre la nouvelle structure et la protostructure existante. Nos éléments ne faisaient que charger la protostructure (à l'aide de câbles), à la manière d'objets posés sur une étagère. Ils affaiblissaient la protostructure sans proposer de dispositifs de soulagement. 

    Nous avons donc remplacé les câbles par des poutres en bois dont le rôle était à la fois d'assurer un soutien des plans créés et un renforcement de la protostructure existante. En prolongeant la protostructure de nouveaux point d’ancrage apparaissent, il s'agissait alors de prolonger les plateaux afin de supporter les arcs de cercle en lien avec les nouveaux éléments de protostructure. 

                                        

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    Le rapport entre notre structure et la protostrcutre est ainsi accentuée. Les deux systèmes devenant ainsi portés et porteurs.


    TESTS

    Elaboration des mâts.

    Le mât est notre éléments structurel principal, nous avons essayé plusieurs techniques afin d’obtenir l’élément le plus résistant. Plusieurs tests ont été réalisés quant à la composition et la manière de mouler. Nous avons réalisé des moules en carton ainsi qu'en argile (cette dernière option permet plus de liberté mais engendre plus d’irrégularités).


    1.Plâtre seul (se brise facilement) 

                                                        Image Sun Dec 22 2019 22:11:47 GMT+0100 (CET)


    2.Platre avec ossature en plastique, trop fragile (se plie) 


    3.Tige métallique filetée enrobée de plâtre (essai le plus concluant). Avec du recul, il apparait qu'il n’était pas nécessaire d'enrober les tiges métalliques.

    4.Moule en argile

                  

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    5. Moule en carton, shellac et nivea: 


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    Nous avons également développé des outils permettant de placer avec plus de précision les arcs de cercles dans l’espace pour respecter les règles de l'anamorphose.

                                                                

     Image Sun Dec 22 2019 22:11:47 GMT+0100 (CET)                                                                  


  • À LIVRE OUVERT_Post-Review

    Par Ciak Laura, Nguyen Dang-Vuong David, Robbins Jean-Luc, Zheltyanik Natalya, 08/12/19

    Les commentaires reçus durant la Review de la phase PLANES nous ont permis d'identifier plusieurs points d’amélioration.

    Tout d’abord, une discussion sur les risques de l'analogie en architecture a pris place. Les analogies, lorsqu'elles sont seulement formelles, peuvent être dangereuses car elles tendent à piéger le concepteur dans une représentation figurative de l’objet étudié. En particulier, nous avons manqué de clarté et de précision dans la mobilisation des références au livre en architecture. Nous n'avons pas suffisamment indiqué en quoi nous nous se distancions de ces précédents. Par ailleurs, conformément à nos intérêts et au travail que nous avions mené lors des dernières semaines, nous aurions dû axer notre présentation orale non sur la forme du livre, mais sur la notion de reliure que nous avions explorée.

    Notre titre portait quant à lui à confusion. “À Livre Ouvert” est une expression qui fait allusion au livre et qui suppose que "rien du projet n'est caché ; tout est transparent et directement accessible". Or, nous avions eu recours à des jonctions mécaniques situées en sous-face des éléments en bois, les rendant peu accessibles et non visibles. L'existence de ces jonctions "cachées" entre en conflit avec le titre choisi. 

    Le rapport au corps est un élément important de cette phase PLANES. Si nous avons pensé le travail au 1:1 (dimensions des éléments, stabilité d'ensemble, etc.), nous devons approfondir la relation au corps de notre structure et la façon dont nous interagissons avec elle… quelles sont les activations du corps que nous envisageons ? Si l'on ne peut ni marcher dessus, ni rentrer dedans, quel dialogue soutient-elle ?

    Enfin, une autre piste soulignée par les membres du jury concernait le fait que la notion du livre en tant qu’objet conceptuel n’avait pas été abordée. Quelle est la fonction première du livre et en quoi ses caractéristiques permettent-elles de soutenir cette fonction ? À titre d'exemple, l’un des objectifs dans la conception d’un livre est de faire tenir ensemble une surface la plus étendue possible (pages) dans un objet compact. Un objectif de forte rentabilité entre un contenu (nombre de pages) et un contenant (couverture) est ainsi recherché, tout en maintenant une très bonne lisibilité et la possibilité d'une manipulation aisée entre deux mains. En architecture, cela peut être assimilé à l’optimisation de surface habitable par rapport à un espace donné tout en maintenant un niveau de vie et une qualité de l'espace généré.

    Le livre est aussi un dispositif dont l'extérieur permet de renseigner sur l'intérieur et le contenu : quelles leçons pouvons-nous en tirer pour l’architecture ? Façades et intériorité se répondent-elles toujours ? La réutilisation d'édifices pensés pour d'autres usages nous indique que cette correspondance n'est pas systématique en architecture.




  • À LIVRE OUVERT_Reliure

    Par Ciak Laura, Nguyen Dang-Vuong David, Robbins Jean-Luc, Zheltyanik Natalya, 08/12/19

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    (1) Reliure en spirale, utilisée pour les blocs-notes, calendriers et livres de cuisine et de musique; (2) Reliure en Wire-O, en anneaux métalliques; (3) Reliure japonaise ou cousue, utilisée pour certains livres d’art, livres illustrés, bibles, ouvrages de littérature, catalogues, etc… ; (4) Reliure agrafée, utilisée pour les imprimés publicitaires, comme les journaux et brochures


    Reliure d’après Larousse (de relier)

    1) Ensemble des opérations qui donnent à un ouvrage sa forme définitive et par lesquelles on l'habille d'une couverture rigide ou souple pour le protéger et le parer ; le secteur des industries graphiques exerçant cette activité.

    2) Couverture cartonnée, recouverte de cuir, de toile, etc., dont on habille un livre pour le protéger et le décorer.


    Relier d’après Larousse (latin religare)

    1) Lier des choses ensemble, les réunir, les joindre d’une façon ou d’une autre.

    2) Établir une jonction entre deux éléments 

    Voir aussi : Réunir, Lier, Assembler, Attacher, Raccorder, Faire communiquer, Associer



  • À LIVRE OUVERT_Réalisation

    Par Ciak Laura, Nguyen Dang-Vuong David, Robbins Jean-Luc, Zheltyanik Natalya, 08/12/19

    Pour la réalisation d'une portion de la structure au 1:1, nous avons choisi de conserver les 2 portiques principaux offrant un angle initial de 72° (issu de MEASURES) de sorte à maintenir le point de vue particulier que nous souhaitions tester in situ. Les portiques ne sont pas construits entièrement : un plan de coupe les sectionne, de sorte que seules leurs amorces ont fait l'objet de notre travail de construction (obtention d'un écorché).

    Ces portiques sont maintenus à distance par deux conditions horizontales s'apparentant à des reliures. La première est située en partie haute du portique, la seconde en partie basse.

    Ces éléments de reliure ont à la fois pour fonction de maintenir à distance donnée les plans verticaux définis par les portiques, d'assurer leur verticalité et de stabiliser l'ensemble de la structure. Leur conception et leur construction ont fait l'objet d'une attention particulière.


    Reliure. Arc. Jonction.

    Il existe, pour nous, un lien fondamental entre ces trois éléments qui se rejoignent dans notre projet. L'élément de reliure est présent sous la forme de jonctions en queue d'aronde, les uns à la suite des autres, décalés d'un angle de 18°. Ils forment ainsi une forme en arc couchée à l'horizontal.


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    Assemblages en queue d'aronde formant notre "arc horizontal"


    Points de vue. Suggestion.

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    guidage de la vue dans l'angle du 72°


    Détails. Jonctions sèches

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    "Arc horizontal" par angles successifs de 18°


    Processus. Découpe. Précision

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    Travail de taille de la queue d'aronde


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    Bribes d'atelier



  • À LIVRE OUVERT_Structure d'un livre

    Par Ciak Laura, Nguyen Dang-Vuong David, Robbins Jean-Luc, Zheltyanik Natalya, 08/12/19

    Livre d’après Larousse (latin librum, accusatif de liber, aubier)

    Assemblage de feuilles imprimées et réunies en un volume, broché ou relié


    Nous souhaitons effectuer des recherches sur la structure du livre afin d’effectuer une analogie spatiale, constructive et matérielle. Cette recherche entend dépasser l'analogie formelle dans laquelle un travail sur le livre en architecture peut s'engouffrer. Le livre peut être décomposé en plusieurs éléments, nous allons préciser la fonction de chacun d'eux afin d'entamer une réflexion sur les traductions possibles -ou non- en architecture.


    Structure d’un livre

    - Couverture (plat et dos) : partie solide et extérieure permettant de protéger le contenu

    - Reliure : un livre peut avoir ces cahiers assemblés de deux manières, soit par reliure soit par brochure. La reliure est l’assemblage dos-à-dos par couture des cahiers qui sont ensuite protégés par le dos solide de la couverture. En cas de brochure, les cahiers sont coupés en leurs milieux et collés ensemble (ils forment donc un dos plus souple).

    - Cahiers : un nombre pair de feuilles pliés et groupés ensemble sur lequel est écrit le contenu du livre. Un livre est donc formé d’un certain nombre de cahiers.


    Liens entre notre structure et celle d’un livre

    La reliure du livre est à la fois ce qui maintient un ensemble et qui permet une relation entre tous les plans verticaux présents (la couverture et les pages). Ainsi les plans se retrouvent mis en relation (et en mouvement) les uns avec les autres. Ces plans peuvent être distancés d'un angle plus ou moins aigu, mais ils conservent une relation physique grâce au maintien d'une ligne d'articulation partagée. Cette droite (condition verticale) est située au milieu du dos du livre. Dans notre structure, la reliure permet le maintien à distance et la verticalité les portiques (plans verticaux dont on a fixé les limites).