• L'entre-deux_Concevoir un seuil

    Par Anivarro Zabala Rafael, Makas Ilayda, Santos Costa Nicoly, 22/11/19

    Au cours de la phase MEASURES, nous avons étudié l'élément portique qui se répétait dans la structure "Murmurs" d'Evian. Pour entamer la phase PLANES, nous avons décidé de repartir de ce travail sur le portique et d'en questionner plus largement la signification en tant qu'élément d'articulation d'un lieu.

    Si la porte est un dispositif de séparation entre deux univers, nos recherches nous ont mené à la notion de "seuil", plus riche car permettant des gradations plus fines. 


    Seuil 

    Dans sa compréhension générale, on nomme seuil la dalle ou pièce de bois constituant la partie inférieure de l'ouverture d'une porte. Il marque le passage de l'extérieur à l'intérieur. Élément de transition, il constitue un espace en soi, marquant l'accès ou le début d'un lieu.  

    Selon Meiss, la création de limites, de seuils ou de bornes marque en effet un lieu. Si le seuil peut posséder un rôle fonctionnel (desserte, protection du danger, contrôle de l'accès, support de décoration, etc.), il revêt également une dimension symbolique et anthropologique. Les marches, les différences de traitement de sol comme les différences de niveaux, ménagent à la fois une séparation et une liaison. Une différenciation et une transition. Une frontière et un passage. 

    Image Fri Nov 22 2019 19:24:53 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)

    image 1: Aldo Van Eyck, seuil de porte à Djenné, 1960


    Ambivalence

    L'entre-deux articule deux lieux distincts. L'espace qu'il définit possède des limites clairement établies et il possède des caractéristiques empruntées aux deux réalités. L'être humain étant en mouvement, il transite par l'entre-deux. L'objectif est alors de faire de chaque transition un lieu véritable. 

    Selon l'architecte Aldo Van Eyck, le seuil "devrait refléter et favoriser les contacts primaires entre les hommes, entre l'homme et les choses". Il devrait nourrir une communication bidirectionnelle (entre l'intérieur et l'extérieur, entre le public et le privé, entre tout mondes de natures différentes), tout en fournissant des occasions et des lieux où un multitude d'usages peut émerger :"Porte, lieu, seuil - pour aller et venir, rester, passer un peu de temps - mais aussi s'attarder. Sortir signifie venir dans un autre monde, parce que l'extérieur et l'intérieur sont essentiellement les mêmes (...). Donc, la question n'est pas de voir la porte comme un mal nécessaire pour traverser un mur qui sépare une pièce d'une autre. L'entre-deux, c'est tout ce qui est essentiel".  

    Image Fri Nov 22 2019 19:24:53 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)Image Fri Nov 22 2019 19:24:53 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)

    image 2: Aldo Van Eyck, détail de seuils conçus à l'Orphelinat municipal d'Amsterdam, 1959


    Distinction : limite / ligne / bord / seuil 

    Selon l'architecte Herman Hertzberger: "Le seuil est la clé de la transition et de la connexion entre des zones soumises à des prétentions territoriales différentes, et, en tant que lieu à part entière, il constitue la condition spatiale de la rencontre et du dialogue entre des espaces d'ordres différents". 


    Image Fri Nov 22 2019 19:35:54 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)       Image Fri Nov 22 2019 19:35:54 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    image 3: Herman Hertzberger, Ecole Montessori, Delft 1960-66


    Cette citation distingue la notion de limite de celle de seuil. Si la limite peut se réduire à une ligne, le seuil nécessite la conception d'une épaisseur habitée. Cette épaisseur est celle de la rencontre : Herman Hertzberger y voit le lieu où les habitants peuvent s'approprier l'espace et expérimenter différents usages. 


    Image Fri Nov 22 2019 19:35:54 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)

    image 4: Herman Herzberger, photographie des leçons d'architecture, 2010

    Image Fri Nov 22 2019 19:35:54 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)

    image 5: schémas de distinction entre limite, bord et seuil


    Au cours de cette première semaine de la phase PLANES, nous avons cherché à concevoir un seuil articulant des espaces aux qualités distinctes (la pelouse et les cheminements passant situés devant le Rolex). Il s'agissait de penser son implantation,  le dialogue entre formes simples et les jonctions entre plans permettant d'atteindre une stabilité.


    Image Tue Nov 26 2019 21:15:30 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)

    image 6: la maquette de la phase "measures"


    La forme de notre seuil est inspiré de la maquette de l'image 6. C'est un rectangle divisé en deux parties dont chacune représente un milieu différent qui se trouve sur le terrain devant le Rolex: le chemin et la pelouse. Cette délimitation est faite par la diagonale. Le dialogue entre ces deux espaces est fait par le petit rectangle qui se trouve au milieu de la diagonale; sachant qu'un seuil est un élément de liaison de deux espaces ainsi, il représente le seuil dans notre projet. De plus, nous sommes inspiré aussi du design du seuil dont Aldo Van Eyck a construit qu'on peut retrouver dans l'image 2 dont qu'on peut retrouver cette similarité entre la maquette du "measures". 


  • Brainstorming

    Par Anivarro Zabala Rafael, Bianchi Elia, Ciak Laura, Desaules Alice, Dimarco Eva, Forster Mathilde, Gabrielyan Eva, Kali Youssef, Kibora Silan Hoël, Kundert Océane, Laurent Jean-Baptiste, Lesbros Morgane, Makas Ilayda, Muller Emilie, Nguyen Dang-Vuong David, Panarese Remo, Petrachenko Julia, Robbins Jean-Luc, Santos Costa Nicoly, Tajana Marvin, Zheltyanik Natalya, 17/11/19



    MEASURES_TA_101

    Réflexion commune

  • Topographie

    Par Forster Mathilde, Anivarro Zabala Rafael, Bianchi Elia, Ciak Laura, Desaules Alice, Dimarco Eva, Gabrielyan Eva, Kali Youssef, Kibora Silan Hoël, Kundert Océane, Laurent Jean-Baptiste, Lesbros Morgane, Makas Ilayda, Muller Emilie, Nguyen Dang-Vuong David, Panarese Remo, Petrachenko Julia, Robbins Jean-Luc, Santos Costa Nicoly, Tajana Marvin, Zheltyanik Natalya, 14/11/19

                                      Image Thu Nov 14 2019 11:00:55 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    La première étape de cette nouvelle phase PLANES a été de mesurer le sol sur lequel seront implantées les structures prochainement conçues et construites, afin de pouvoir en dessiner la topographie. Pour y parvenir, nous avons divisé l'ensemble de la parcelle donné par groupes de trois. Le travail consistait alors à quadriller le sol en prenant appui sur le rythme régulier offert par les fenêtres du Rolex (ces fenêtres font 2,20 mètres de large). Des bandes de 2.20 mètres de large pour 29 mètres de longueur ont ainsi été définies. À l'aide d'un fil tendu depuis le point le plus haut de chaque bande, les hauteurs au sol ont alors été mesurées. Le terrain étant en pente, nous avons pris pour hauteur la plus haute 1.53 mètres, en bas du champ, et 0.61 m aux bords des fenêtres. Chacun devait dés lors mesurer près de 300 hauteurs. Rendre compte du relief existant sur cette parcelle peu accidentée s'est avéré plus difficile que ce que nous avions imaginé. 





  • PORTA_Post-Review

    Par Santos Costa Nicoly, Makas Ilayda, 08/11/19

    Lors de la review du lundi 4 novembre, les commentaires reçus concernaient deux thèmes de travail.

    Tout d'abord, le travail non figuratif sur l'altération n'a pas fait l'objet d'une expérimentation. Le portique génère un espace interstitiel vertical, une lame. Cependant, en choisissant de couler le plâtre horizontalement, nous avons négligé la dimension verticale de notre interstice et évacué les questions de gravité, de pesanteur, de coulée.


    Le second thème ayant fait l'objet de discussions était la variation des portiques au sein de la structure. Cette variation était juste évoquée et n'était pas encore explorée dans le travail de dessin en particulier. Il existe 9 portiques rythmant la traversée de la structure. Ces portiques diffèrent légèrement les uns des autres, tout le long du tunnel qu'ils créent en direction du lac, dans la mesure où aux éléments fondamentaux (poutre principale, poutre secondaire, poteaux, diagonale de contreventement) s'ajoutent des éléments secondaires apportant une singularité à chaque portique. Ainsi l’axonométrie dessinée nous apprend que du portique noté 'i' au portique noté 'e', les portiques s'approchent d'une section carrée lorsque,  du portique 'd' jusqu'au portique 'a', les sections se rapprochent de rectangles. La pente du sol crée en fait une ouverture verticale des portiques en direction du lac. 




  • PORTA_Post-Review

    Par Makas Ilayda, Santos Costa Nicoly, 03/11/19

    Image Sun Nov 03 2019 21:16:51 GMT+0100 (CET)  Image Sun Nov 03 2019 21:16:51 GMT+0100 (CET)  Image Sun Nov 03 2019 21:16:51 GMT+0100 (CET)

    Nous observons et mesurons cette substance informe et dorée qui s’échappe du bois, il s'agit de la sève. Cette altération se concentre au niveau d'une fissure présente sur une diagonale en bois.


    Le projet est intitulé Porta, un mot latin qui signifie la porte. Ce choix doit être mis en lien avec l’interstice choisi et mesuré. Notre interstice est délimité par des éléments (poutres et poteaux) formant un portique. La documentation par la mesure d'un seul portique permet de comprendre plus largement toute la structure. En effet, par répétition, le portique forme un tunnel accompagnant la traversée du projet. 

    L’altération identifiée est présente à hauteur des yeux du visiteur. Cette caractéristique permet une meilleure observation et mesure de l'altération et de l'interstice associée. Nous avons utilisé les outils conventionnels de mesure tels que le mètre, le rapporteur et la règle. 


    Image Mon Nov 04 2019 00:06:35 GMT+0100 (Europe de l’Ouest)  Image Mon Nov 04 2019 00:06:35 GMT+0100 (Europe de l’Ouest)
                     phase 1 : collage du bois avec du carton                      phase 2 : ajout de la crème et du shellac 




                        Image Tue Nov 05 2019 14:32:22 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)  Image Tue Nov 05 2019 14:32:22 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)



                                                                           image 1 et 2 : la maquette 


    Le "plein" du moule a été obtenu en utilisant des baguettes en bois. Un choix risqué qui a conduit, lors du démoulage, à briser plusieurs éléments. Les expérimentations en plâtre doivent être planifiées sur des temps longs afin de pouvoir reprendre, améliorer, refaire, rater encore, rater mieux.

    La traduction non figurative de l’altération dans la maquette n'a, faute de temps, pas fait l'objet d'une expérimentation. Sa localisation a toutefois été signalée sous la forme d'une spirale de couleur jaune. 


    Déconstruction de la structure :


    L'axonométrie éclatée de l’interstice, accompagnée de sa nomenclature, donne une meilleure compréhension du dialogue entre les éléments (proto-structure, remplissage, éléments de rigidification). Une ébauche de déconstruction a été initiée, elle repose sur l'observation selon laquelle la protostructure forme une grille servant de support à des éléments secondaires. Nous commencerions par déposer la diagonale. Puis, en partant du haut, nous enlèverions les plaques horizontales. Enfin, les poutres verticales qui composent et soutiennent les structures secondaires seraient déconstruites.

     

    Image Sat Nov 09 2019 11:24:26 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)

    Tunnel créé par les portiques