• La maison de Jack

    Par Imadiouni Omar, 03/06/20


    Structure du layout

    Image Thu Jun 04 2020 00:00:32 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)


    Structure du discours


    1- Brève explication de l'énoncé, qui est Jack? (Notion d’hétérotopie autour de la musique, d'intégration, partage du communs, rassemblement, etc..)


    2- Volonté de résilience de la crise du COVID-19 et situation climatique (confinement et live streams)


    3- Présentation du concept + Video


    4- Explication du fonctionnement du projet, des aspects techniques, du financement et de la construction


    Video


    Dans le cinéma, le travelling frontal vers l’arrière, en fonction de sa vitesse, peut créer un suspense quant à la découverte de l’environnement d’une scène, le champ de vision qui s’élargit au fur et à mesure du plan révèle de nouvelles informations au spectateur. Le travelling arrière peut aussi donner une impression d’importance, de groupe ou d’unité. Il peut permettre aussi de nuancer l’importance du personnage vis-à-vis de ce même environnement.

    Ma vidéo présentera le concept de mon projet par le biais d’un travelling arrière à travers une séquence d’espaces accompagné d’une évolution sonore et acoustique afin de comprendre la synchronicité d’espaces physiquement éloignés, rassemblés par l’évènement, par le tempo d’un morceau

    Pour ce faire, je me réfère aux oeuvres suivantes:

        Travelling arrière et séquence d’espaces:


    Citizen Kane, Orson Welles, 1941


    Birdman, Alejandro González Iñárritu, 2014



        Travelling à travers des éléments construits:


    Fight Club, David Fincher, 1999


    Panic Room, David Fincher, 2002


        Travelling arrière et progression sonore:


    Frenzy, Alfred Hitchcock, 1972


    Contact, Robert Zemeckis, 1997


        Travelling arrière et découverte du contexte:


    Powers of Ten, Charles Eames, 1968



    Le scénario de ma vidéo:

        

        La caméra s’allume. On est dans la chambre de l’artiste. Au coin supérieur gauche de l’image, un voyant circulaire rouge accompagné du mot « live » s’allument. Un vinyle se met à tourner et la musique commence. Simultanément, la caméra entame un travelling arrière dans l’axe de la webcam du streamer. Elle recule jusqu’à traverser la webcam et ainsi le mur/écran d’une maison de Jack: l’acoustique et le caractère de l’image changent, on continue de s’éloigner du mur, l’espace est baigné de la lumière chaleureuse d’un soleil couchant, on passe entre quelques personnes qui regardent l’écran en buvant un verre et on peut progressivement apercevoir le centre Lausannois, avec la passerelle du Flon et la station de métro qui se dévoilent à l’extérieur de cet espace. La caméra continue son plan-séquence à travers le mur du fond pour se retrouver dans une autre maison de Jack qui regarde l’artiste jouer. Cette fois-ci, il fait nuit, la salle est bondée, certains dansent, d’autres discutent bruyamment. On devine à l’excentricité des enseignes lumineuses qui se dévoilent à l’extérieur, derrière et autour de la chambre de l’artiste, que l’on se trouve maintenant à Tokyo. La caméra glisse de nouveau hors de l’espace pour se retrouver au beau milieu d’un battle de dance spontanément organisé dans la maison de Jack Chicagoane que l’on reconnait à sa skyline et aux taxis jaunes. Au moment où l’on traverse le mur du fond, l’image et le son s’interrompent par un fond noir et du silence, la caméra ne ralentit pas avant ceci, elle ne s’arrête pas, pour laisser entendre que le travelling continue vers d’autres villes. Comme un rappel à la première image silencieuse, la video se termine par une série de courtes séquences d’autres artistes devant leur caméra, prêts à lancer leur live stream: un saxophoniste en Amazonie, un groupe de rock à Casablanca et un flûtiste sur l’Himalaya.



    La technique:


    La vidéo sera créée à partir de plans 2D en mouvement pour créer la profondeur, la technique "parallaxe" ou 2.5D. En référence: la caméra multiplane de Walt Disney:




    Diagrammes et plans




    Image Thu Jun 04 2020 10:08:39 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)



    Image Thu Jun 04 2020 11:54:00 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)
    Image Thu Jun 04 2020 11:54:00 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)
    Image Thu Jun 04 2020 11:54:00 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)


    Brouillon de layout



    Image Thu Jun 04 2020 13:19:49 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)




  • La maison de Jack

    Par Imadiouni Omar, 06/05/20

    INTRODUCTION


    Le confinement est générateur de nouvelles dynamiques sociales reposant sur les technologies de communication. Certaines apparaissent -la communication inter-balcons par exemple- et d’autres se développent comme la communication en ligne. La technologie, parfois considérée comme la cause de l'éloignement social, voire un obstacle à l'émergence de liens interpersonnels développés, se retrouve aujourd’hui au centre de solutions collectives en réponse à la crise, créant un pont sur les distances physiques. Depuis l’instauration de la distanciation sociale, certaines activités du pre-confinement sont rapidement venues à manquer. Parmi elles, les événements musicaux. En effet, les communautés du monde entier se tournent souvent vers la musique comme un mécanisme d’adaptation et un moyen de se sentir reprendre le contrôle. C’est un langage universel d’émotion créant un sentiment d'appartenance et de participation qui trouve d’autant plus son importance dans cette période. Les événements musicaux ont ainsi été progressivement substitués par des « live streaming », vidéos en direct de performances sur le net. 



    Image Thu May 07 2020 12:55:49 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)







    Image Thu May 07 2020 12:55:49 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)


    Image Thu May 07 2020 12:55:49 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)





    De nombreuses plateformes proposent le « live streaming » à l’occasion de la distanciation sociale. Certaines, telles que Twitch, déjà utilisé à ces fins, gagnent en popularité. D’autres, comme Boiler Room, Beatport ou le festival Burning Man ont lancé des événements « live streaming ». Enfin, pour tenter d’améliorer l’expérience du public, les berlinois Invisible Hand ont créé Club Quarantäne, un boîte de nuit en ligne qui imite un vrai club: il faut y faire la queue et on peut se retrouver au bar ou même aux toilettes qui contiennent des « chat rooms » pour discuter  par messages avant de revenir au dance floor où se déroule la performance en direct.


    Quelques liens vers différentes plateformes et événements:

    https://clubquarantaene.stream/

    linkin.bio/boilerroomtv 

    www.nowadays.nyc/stream

    https://en.unitedwestream.berlin/

    www.instagram.com/love_you_land/

    www.facebook.com/watch/?v=943344492765091

    www.facebook.com/events/1632456483558916/

    www.instagram.com/tierra.bomba/

    www.twitch.tv/againsta111ogic/clip/BlatantPerfectYakTBTacoRight


    Le confinement nous a donc permis de démocratiser le « live streaming » et de le mettre à l’épreuve pour révéler ses avantages et inconvénients. Quatre des observations tirées de cette expérience sont à la base de mon raisonnement:

    3 « avantages »:

    • Le « live streaming » est un moyen efficace de promouvoir les artistes indépendants et de  fournir une scène aux moins connus. 
    • Le « live streaming » permet une flexibilité et une économie considérables pour ce qui est du matériel et du personnel employé.
    • L’artiste, depuis sa maison ou son studio, ouvre à la vastitude du web une fenêtre sur son art. Il  peut choisir de créer une intimité avec le public car il est maître du caractère de l’espace de sa performance, de ce qu’il montre et de ce qu’il ne montre pas.

    1 « inconvénient »:

    • Le public, seul derrière son appareil de visionnage, regarde la vidéo en direct mais son interaction est limitée à la partie « commentaires », dans laquelle il peut poster le sien en temps réel, signé d’un pseudonyme -rarement son prénom. Le communs devenant ainsi limité et impersonnel, l’expérience de partage du public s’en trouve appauvrie.


    En plus de ces 4 observations, il est judicieux de relever l’importance de l’empreinte écologique de la scène électronique avant le confinement. Effectivement, avec plusieurs milliers de festivals organisés chaque année, des vols low-cost et des centaines de milliers de festivaliers en voyage, l’industrie de la musique électronique se trouve avoir une empreinte carbone alarmante. Selon les estimations du blog anglais Stamp The Wax, un DJ en tournée pendant un mois atteindrait la même empreinte carbone qu'un citoyen lambda sur 12 mois. Le blog a aussi créé une courte vidéo analysant cet impact tout en offrant de nouvelles perspectives et des solutions viables aux problèmes écologiques.




    L’une des solutions mentionnées pour les artistes et le public est de privilégier la scène locale, ce qui soulève la question: peut-on fréquenter les lieux de sortie locaux tout en assistant à des performances d’artistes internationaux?




    CONCEPT


    « Jack boldly declared […] once you enter my house, it then becomes our house, […] Jack is the one that can bring nations and nations of all Jackers together under one house […] you may be black, you may be white […] it don’t make a difference in our house »

    Jack est le sentiment universel d’être connecté aux autres par quelque chose de plus grand, il est en chacun pour rassembler et unir autour de la musique et la danse. Les maisons de Jack sont des espaces connectés par la musique qui rassemblent les gens partout sur terre.

    Se trouvant dans une optique d’après crise et dans une volonté résiliante de l’expérience du confinement, le projet aspire à l’utilisation d’internet comme un outil de la scène musicale. Il fait d’une part appel au « live streaming » pour ses aspects positifs (la promotion de « petits » artistes, l’économie de moyens, la liberté de l’artiste et une empreinte écologique plus faible). D’autre part, il résout l’inconvénient de l’isolation sociale des spectateurs en leur offrant un espace de rassemblement, comme le ferait Jack.

    En d’autres termes, la maison de Jack est un espace de diffusion des « live streams ». C’est une construction légère de 25m2 qui peut accueillir au maximum 100 personnes (4pers/m2). Elle se trouve dans les quartiers culturels et animés de nombreuses villes du monde. Elle est connectée à internet, dotée d’un écran diffusant le « live stream » et d’une qualité sonore optimisée. Elle connecte des espaces privés et publics pour ainsi offrir aux artistes une scène accessible partout dans le monde, permettre au public de « rester local » et ensemble tout en réduisant considérablement l’impact climatique des événements.




    FONCTIONNEMENT

    « DJs for climate action » est une organisation de DJs ayant décidé d’agir contre l’aspect négatif de leur profession: les voyages en avion excessifs. Ils s’engagent depuis 2011 dans de nombreux projets mêlant musique et lutte pour le climat afin de donner aux artistes les outils et les opportunités d'utiliser leur métier et leur visibilité pour sensibiliser le public à la crise climatique.

    http://www.djs4ca.com/

    « Boiler Room » organise depuis 2010 des performances de musique électronique à audience réduite et les diffuse sur Internet. Depuis le début du confinement, ils ont lancé une nouvelle série en direct «Streaming from Isolation» diffusée directement depuis les maisons des artistes. Chaque spectacle donne la possibilité de faire un don à un organisme de bienfaisance différent.

    https://boilerroom.tv/playlist/streaming-from-isolation

    Ces types d’organisations seront les sponsors du projet et en financeront la construction et la maintenance: la maison de Jack sera donc accessible gratuitement. Une plateforme comme « Boiler Room » serait en effet susceptible de s’intéresser aux artistes indépendants et aux « petits » artistes pour leur offrir un service « live streaming » pour leurs performances.

    La maison de Jack fonctionnerait grâce à une application connectée qui permettrait aux artistes de réserver leur plage horaire et les lieux de leur performance et qui permettrait au public d’accéder à la programmation des concerts et aux rediffusions.



    Image Thu May 07 2020 13:14:39 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)





    Contrairement au « live streaming » classique, les gens se rassemblent pour assister à la performance, une communauté et une ambiance se créent et faire partie du public devient une expérience en soi.



    Image Thu May 07 2020 13:14:39 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)






    CONSTRUCTION

    La maison de Jack se veut légère et relativement facile à construire ou à déplacer dans la ville. Reproduite en série, ses éléments remplaçables la rendent économique et facile à entretenir. 

    Le revêtement extérieur est en bois et la structure est en briques de textile recyclé dans un souci d’écologie, plus précisément en jeans pour la meilleure isolation acoustique: les briques seront fournies par les français FabBRICK (briques en jean recyclés avec une colle 100% écologique)

    https://www.fab-brick.com/fabbrick



    Image Thu May 07 2020 13:14:39 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)



    Image Thu May 07 2020 13:14:39 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)




    L’attache au sol se fera par des pieds métalliques réglables en hauteur pour s’adapter à différentes surfaces. 

    Il s’agira de casser et orienter les grandes surfaces réflectives dans un souci de confort acoustique.




    Image Thu May 07 2020 13:14:39 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)




  • A house of Jack

    Par Imadiouni Omar, 08/04/20

    La house à été un mouvement musical politiquement engagé. Tout comme le gospel ou le punk, c’est un mouvement de résistance issu d'un inconfort politique qui prend la forme concrète d’une expérience collective dans un « lieu autre » pour des individus partageant un idéal à travers une musique qu’ils créent ou qu’ils écoutent.

    Je me suis donc intéressé à un inconfort contemporain, commun. Celui du réchauffement climatique et du manque d'action de nos gouvernements pour y remédier.

    J'y répond par le modèle de ces mouvements de résistance: un lieu et une musique.

    Le contexte étant mondial, il faut un espace globalement accessible et une musique perpétuelle. Le « warehouse » pour le climat serait donc composé d'espaces dispersés sur mais connectés par la temporalité d'une musique.


    Image Wed Apr 08 2020 23:32:19 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)Image Wed Apr 08 2020 23:32:19 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)


    Image Thu Apr 09 2020 04:47:02 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)Image Thu Apr 09 2020 04:47:02 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)




    La musique

    il est question d'une expérience collective pour la création d'une musique unificatrice et puissante. Cette musique deviendrait une force pour le mouvement. Elle se doit d’être perpétuelle, universelle et participative. 

    La musique serait une boucle audio cumulative, toutes les personnes concernées pourraient enregistrer leur pensées, messages ou revendications pro-climat, un enregistrement de 24h au microphone superposé à celui de la veille, lui-même superposé à celui de l’avant veille, etc…

    Les voix se superposeraient jour après jour pour éventuellement devenir un brouhaha confus et saturé, mais, à l'image de signatures vocales sur une petition sonore, cette musique véhémente serait la voix permanente de l'ampleur d'un mouvement désormais inscrit dans les villes. Voici la musique après l'accumulation de quelques jours d'enregistrements:




    L'espace

    L'idée serait d'avoir, de la même façon que la house music l'a fait, un espace dans la ville pour se joindre au mouvement et en apprécier l'ampleur et de la même manière, donner un caractère urbain et permanent à un mouvement dont les manifestations sont jugées trop éphémères.

    Cet espace serait généré par le son lui-même. Il s'agirait de la matérialisation du mouvement par un élément urbain vertical, servant à entendre et se faire entendre, connecté aux autres à travers le monde contenant un microphone pour récolter les voix et un haut-parleur pour les diffuser l'enregistrement de façon globale et simultanée.




    Image Thu Apr 09 2020 05:08:25 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)


    Galloway, Kit; Rabinowitz, Sherrie, «Hole in Space», 1980




    Image Thu Apr 09 2020 04:31:31 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)




    Depuis janvier 2019, Lausanne, nommée par certains « capitale climatique du monde», lutte contre le réchauffement climatique par le biais de marches.

    Malheureusement, depuis la première marche, le nombre de participants ne cesse de diminuer. Marc Münster, spécialiste du développement durable explique ce phénomène par l'impression d'inefficacité des marches causée par le manque d'action du gouvernement. Ce serait donc le caractère éphémère des marches qui ferait default à la force du mouvement.

    Je tente donc de répondre à ce problème en donnant au mouvement un caractère permanent et urbain. 

    A Lausanne, l'espace de ce mouvement se trouverait  à proximité de l'itinéraire des marches pour le climat, plus précisément sur la place de la Riponne, un endroit idéal pour la première manifestation concrète du réseau, la première interface du réseau.


    Image Thu Apr 09 2020 04:16:51 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)



    Image Thu Apr 09 2020 04:21:48 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)



    Image Thu Apr 09 2020 05:08:25 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)



    Image Thu Apr 09 2020 05:52:25 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)



    Image Thu Apr 09 2020 05:52:25 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)



    Image Thu Apr 09 2020 05:52:25 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)



    Image Thu Apr 09 2020 05:52:25 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)



    Image Thu Apr 09 2020 05:52:25 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)



    Image Thu Apr 09 2020 05:52:25 GMT+0200 (heure d’été d’Europe centrale)




  • La maison de Jack

    Par Imadiouni Omar, 11/03/20

    This is the House that Jack built.


    This is the Malt,

    That lay in the House that Jack built.


    This is the Rat,

    That ate the Malt,

    That lay in the House that Jack built.


    This is the Cat,

    That killed the Rat,

    That ate the Malt,

    That lay in the House that Jack built.


    This is the Dog,

    That worried the Cat,

    That killed the Rat,

    That ate the Malt,

    That lay in the House that Jack built.


    This is the Cow with the crumpled horn,

    That tossed the Dog,

    That worried the Cat,

    That killed the Rat,

    That ate the Malt,

    That lay in the House that Jack built.


    This is the Maiden all forlorn,

    That milked the Cow with the crumpled horn,

    That tossed the Dog,

    That worried the Cat,

    That killed the Rat,

    That ate the Malt,

    That lay in the House that Jack built.


    This is the Man all tattered and torn,

    That kissed the Maiden all forlorn,

    That milked the Cow with the crumpled horn,

    That tossed the Dog,

    That worried the Cat,

    That killed the Rat,

    That ate the Malt,

    That lay in the House that Jack built.


    This is the Priest, all shaven and shorn,

    That married the Man all tattered and torn,

    That kissed the Maiden all forlorn,

    That milked the Cow with the crumpled horn,

    That tossed the Dog,

    That worried the Cat,

    That killed the Rat,

    That ate the Malt,

    That lay in the House that Jack built.


    This is the rooster that crowed in the morn

    That waked the Priest all shaven and shorn,

    That married the Man all tattered and torn,

    That kissed the Maiden all forlorn,

    That milked the Cow with the crumpled horn,

    That tossed the Dog,

    That worried the Cat,

    That killed the Rat,

    That ate the Malt,

    That lay in the House that Jack built.


    This is the Farmer who sowed the corn,

    That fed the rooster that crowed in the morn,

    That waked the Priest all shaven and shorn,

    That married the Man all tattered and torn,

    That kissed the Maiden all forlorn,

    That milked the Cow with the crumpled horn,

    That tossed the Dog,

    That worried the Cat,

    That killed the Rat,

    That ate the Malt,

    That lay in the House that Jack built.


    "This Is the House That Jack Built", une comptine anglaise cumulative populaire du XVIe siècle.






    La house à été un mouvement musical politiquement engagé. Tout comme le gospel, le punk et d’autres, c’est un mouvement de résistance issu d'un inconfort politique qui prend la forme concrète d’un « lieu autre » dans la ville pour des individus partageant un idéal à travers la musique.

    Il y a dans ces mouvements des caractéristiques communes que j'ai entrepris d'identifier afin de mieux en comprendre le fonctionnement:


    Image Wed Mar 11 2020 22:34:45 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    Gospel

    Arrivés sur le continent américain, les esclaves africains sont coupés de leur famille, de leur groupe ethnique et linguistique. Totalement désocialisés, ils doivent réinventer des liens communautaires qui ne peuvent plus être ceux de l'Afrique et se créer des biens immatériels : prière, spiritualité et musique à travers des chants de travail. C'est le début du gospel, vers un idéal d'égalité et de liberté par la création d'un communs étant le chant. Les individus chantent leur malheur et ainsi créent une communauté.



    Image Wed Mar 11 2020 22:43:37 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    Slaves singing "negro spirituals" the basis for gospel in a "praise house", former name of church for black slaves


    Punk Rock

    Le Punk Rock est au centre du mouvement punk. Celui-ci se caractérise en grande partie par des opinions anti-établissement, la promotion de la liberté individuelle, l'éthique du DIY. Il s'est répandu comme une idéologie et une approche esthétique, devenant un archétype de la rébellion et de l'aliénation des adolescents. Il est apparu simultanément en Angleterre et aux Etats-Unis, au CBGB club.




    Image Wed Mar 11 2020 22:43:37 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    A crowd in the CBGB club in New York



    Image Wed Mar 11 2020 22:43:37 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    The Ramones in front of the CBGB club in New York


    Chants de stade

    Les supporters de l'équipe de football du RAJA de Casablanca ont été classés par le passé 4èmes "meilleurs supporters" au monde. Ils sont extrêmement impliqués, au point de sortir un album par année, à chanter en coeur sur les gradins du stade de Casablanca. Le club a au départ été créé comme une résistance à l'autorité française lors du protectorat, aujourd'hui encore, de forts messages politiques critiquant le gouvernement se glissent dans leurs chanson, exprimant les malaises de la jeunesse.


    Image Thu Mar 12 2020 00:18:08 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    Les supporters du RAJA lors d'un match à Casablanca



    Ces mouvements trouvent ainsi leur similarité dans le fait d'être engagés politiquement et trouver leur lieu dans la ville en se construisant autour d'une musique (on pourrait aussi parler des mouvements musicaux en Iran, Irak, Palestine, Liban, Colombie et Singapour)


    Je me suis donc intéressé à un inconfort qui me concerne et pourrait concerner de nombreuses autres personnes dans le monde. Celui du réchauffement climatique et du manque d'action de nos gouvernements pour y remédier.


    Image Thu Mar 12 2020 00:18:08 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    J'y répond par le modèle house: un lieu et une musique.

    Le contexte étant mondial, il faut une musique perpétuelle, qui ne répond à aucun fuseau horaire et un espace global, donc jouant avec la dématérialisation. Le "warehouse du climat" serait donc un espace immatériel pour la musique, mais tout de même physiquement accessible depuis différents endroits sur terre.


    Pour apporter une réponse concrète, je choisis Lausanne pour développer le point de départ d’un projet qui se veut global.


    Depuis janvier 2019, Lausanne, nommée par certains « capitale climatique du monde», lutte contre le réchauffement climatique par le biais de marches.


    Image Thu Mar 12 2020 00:18:08 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    Greta Thunberg à la place de la Riponne le 17 janvier 2019



    Image Thu Mar 12 2020 00:18:08 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    Mapping des marches depuis le 17 janvier 2019


    Malheureusement, depuis la première marche, le nombre de participants ne cesse de diminuer. Marc Münster, spécialiste du développement durable explique ce phénomène par l'impression d'inefficacité des marches causée par le manque d'action du gouvernement. Ce serait donc le caractère éphémère des marches qui ferait default à la force du mouvement.

    Je tente donc de répondre à ce problème en donnant au mouvement un caractère plus permanent et urbain. J'utilise ainsi le modèle des mouvements musicaux politiquement engagés.

    A l'image des minorités de Chicago et de leur house music ou des supporters et de leurs chants, il est question d'une expérience collective pour la création d'une musique unificatrice et puissante. Cette musique deviendrait une force pour le mouvement et irait de pair avec un espace dans la ville, comme agiraient le CBGB à New York ou les tribunes du stade de Casablanca. Cet élément urbain serait donc l'expression du mouvement non pas d'une manière chronique comme les marches mais de façon permanente, conférant une présence infatigable à la voix du mouvement.

    Le contexte étant global, cet espace à Lausanne ne ferait que partie d'un réseau mondial qui serait le "warehouse" pour le climat.


    La musique du mouvement

    Ce que j'appelle ici "musique" n'est pas à entendre au premier sens du terme. La musique du mouvement n'aura rien de conventionnel. Le principe est d'utiliser l' "espace du mouvement" dans la ville (abordé plus tard) pour y placer un micro. Ce micro serait constamment en train d'enregistrer et le principe serait clairement communiqué aux gens: "Exprimez votre inconfort, vos attentes quant à la situation climatique, laissez votre message au gouvernement".

    En référence à la house music qui utilise des samples (échantillons) et des loops (boucles), cette musique serait d'une part composée de tous les samples des différentes personnes qui se sont exprimées, et d'autre part, il y aurait une boucle de 24h en lecture continue à laquelle se superposerait le nouvel enregistrement quotidiennement à la manière de la comptine cumulative de Jack. Les voix se superposeraient jour après jour pour éventuellement devenir un brouhaha confus mais, à l'image de signatures vocales sur une petition sonore, cette musique véhémente serait la force puissante, permanente et représentative de la quantité et de l'implication d'un mouvement désormais inscrit dans la ville. 

    Dans l'idée d'un projet global, les enregistrements de Lausanne ne seraient qu'une partie du loop, superposés aux enregistrements d'autres villes du monde possédant leur propre espace d'enregistrement.


    L'espace du mouvement

    L'espace étant principalement dématérialisé en un réseau, il sera néanmoins nécessaire, à l'image des autres mouvements, d'avoir un espace physique dans la ville. Cet espace servira à se connecter au réseau, en d'autres termes participer à la musique. Jouant le rôle d'une interface, cet espace peut être perçu à ce stade du projet comme une cabine téléphonique dans laquelle on s'enferme, on décroche le téléphone pour écouter l'ampleur du mouvement et on y rajoute sa contribution. C'est, à l'image du téléphone rouge, une ligne directe vers le mouvement. Le téléphone vert?



    Image Thu Mar 12 2020 00:18:08 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)


    Extrait du film Docteur Folamour, où l'on voit le président américain (à gauche) tenir le célèbre (mais fictif) téléphone rouge.



    C'est ainsi que se crée "un "lieu autre" pour des individus partageant un idéal autour d'une musique"

    A Lausanne, l'espace de ce mouvement se trouverait a priori à proximité de l'itinéraire des marches pour le climat. D'une façon symbolique, la place de la Riponne serait un endroit idéal pour l'expression permanente des aspirations climatiques des citoyens.

    Dans les autres villes du monde, à l'image de certains symboles reconnaissables que l'on retrouve partout, l'élément urbain se positionnera stratégiquement et rappellera la présence et la force du mouvement de façon familière.



    Image Thu Mar 12 2020 00:18:08 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)Image Thu Mar 12 2020 00:18:08 GMT+0100 (heure normale d’Europe centrale)

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  • Une maison de Jack

    Par Imadiouni Omar, 19/02/20


    Idée.

    Les conclusions tirées et les outils créés en fin d'énoncé théorique m'ont permis d'identifier le modèle de fonctionnement de la house:

    • -Identification d’un contexte inconfortable qui provoque une volonté de changement
    • -Possibilité d’action
    • -Création d'une hétérotopie par la séquence spatiale
    • -Création d'une musique de l'hétérotopie


    L'idée serait donc de se baser sur le modèle du mouvement house pour créer une maison de Jack. Autrement dit, en réaction au contexte inconfortable, un espace relevant de l'hétérotopie et rassemblant des individus d'horizons différents autour d'une cause commune transmise par la musique.

    Le contexte inconfortable me touchant personnellement étant le réchauffement climatique sur notre planète, il s'agira de créer une typologie d'espace dans l'esprit des revendications pro-environnement et de composer simultanément la musique y correspondant.


    Programme.

    Une maison de Jack (une maison pour l'homme/ une maison pour l'environnement/ un espace musical)


    Spatialisation de la question de recherche.

    Trois outils:

    • -La séquence spatiale du Warehouse, l'expérience phénoménologique menant à l'hétérotopie (séquence de ressentis)
    • -La transposition de la musique en espace de façon empirique... (texture, couleur, harmonie, température)
    • -...et de façon rationnelle (spatialité, rythme, arrangement)


    Site.

    Le projet étant une typologie, le site n'est pas défini


    Méthode de travail.

    • -Production d'une documentation de typologie architecturale à l'aide des outils

    • -Composition digitale d'une musique 


    Les deux aspects seront développés de façon simultanée, étape par étape, de la structure à l'ornement.